« Le Cercle Eyala a créé un espace pour renforcer la sororité » - Chanceline Mevowanou (Benin)

Organiser le cercle Eyala à Cotonou a été une activité passionnante. J’avais hâte de retrouver les personnes avec qui je partage des rêves et des actions collectives pour le bien-être et l’épanouissement des filles et des femmes au Bénin. Cela s’est concrétisé. 

Le samedi 28 janvier 2023, les féministes béninoises ont accueilli leur premier cercle Eyala. L’évènement s’est déroulé à Cotonou au Jardin de Canelya. Quand je pense à ce cercle, l’une des premières choses qui me viennent à l’esprit, c’est le sentiment de bien-être, de vulnérabilité et de renouvellement de soi que j’ai ressenti pendant les conversations. Y compris l’épuisement physique et émotionnel que j’ai senti à la fin du cercle. Je suis rentrée et je me suis aussitôt endormie comme un bébé. On m’avait invité à une représentation théâtrale ce même jour dans la soirée. Je n’ai pas été voir le spectacle parce que mon sommeil après le cercle était tellement profond que j’ai tout oublié.  

Les cercles Eyala sont des moments de partages authentiques et intenses. Il faut le vivre pour comprendre. 

Au Bénin et dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest Francophone, il y a toujours de l’enthousiasme et de la mobilisation lorsque vous entreprenez d’organiser des espaces et des conversations centrés sur les expériences authentiques des féministes. Je l’ai vu en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger… Parce que les cercles féministes où on ne vient pas parler de nos boulots et/ou de nos connaissances de tel ou tel concept féministe ne sont pas fréquents de nos jours. Je ne sais pas si de tels cercles ont durablement existé par le passé. Le besoin d'espaces sûrs, intimes où les féministes peuvent raconter leurs propres histoires et s’autoriser à être vulnérables est réel. Beaucoup de féministes en sont conscientes. 

Une sœur féministe béninoise qui s’appelle Océane m’en parle très souvent lors de nos échanges. Elle trouve que nos boulots au sein des organisations et la recherche d’expertises thématiques ont pris trop de place dans nos militantismes. Alors que nous examinons très peu comment nous vivons et incarnons le féminisme dans nos vies ou pas. Quand j’ai envoyé les invitations pour le Cercle de Cotonou, elle était en voyage au Mali et en Guinée. Elle est rentrée de son voyage le samedi à 05h du matin et est venue pour le Cercle Eyala dans la même matinée. Elle ne voulait pas manquer. À la fin du cercle, elle a partagé ses impressions en ces mots :

« Le cercle était intéressant du fait qu’on donnait la voix aux féministes pour les écouter sur autre chose que ce qu’elles font. On questionnait leur rapport intime avec le féminisme comme identité. » 
— Océane

Nous étions une vingtaine de participantes pour le cercle. Des féministes que je connaissais, celles que je ne connaissais pas, des féministes plus âgées, des plus jeunes également. Sans oublier des femmes qui commençaient à se revendiquer féministes et qui sont au début de leur voyage. Au milieu et devant nous, il y avait à boire, à manger. Le cadre qui nous a accueilli était un peu vert et calme. J’ai pris le temps d’observer les arrivées. C’était comme des retrouvailles pour la plupart d’entre nous. Nous n’avons pas cessé de nous voir. Cependant, nous nous voyions autour des activités de nos boulots, autour des projets et les énergies n’étaient pas les mêmes que celles présentes le jour du cercle. J’ai éprouvé de la gratitude en voyant la bonne ambiance dès l’arrivée et l’installation des participantes.  Des sourires, de la bonne énergie, des câlins…Ce que ça évoque pour moi est que nous avons besoin d’organiser des espaces pour nous-mêmes. Kifayath, une participante au cercle :

« Le cercle a été pour moi un espace de découverte et de partage d’expériences. Je me suis sentie libre et heureuse de pouvoir m’exprimer sans filtre. J’ai adoré l’ambiance bon enfant qui a régné tout au long de la séance ». 
— Kifayath

En introduction aux échanges, j’ai parlé de Eyala et de l’esprit des cercles que nous organisons. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’elles entendaient parler de Eyala. D’autres suivaient déjà Eyala et connaissait notre Fondatrice, Françoise Moudouthe. Nous avons échangé autour du thème « Nos vies féministes ». L’idée de ce cercle était d'explorer ensemble nos expériences personnelles de féministes africaines et questionner nos vies féministes ou pas, en toute intimité et sûreté. La beauté des cercles Eyala c’est que rien n’est imposé, figé ou prédéterminé concernant ce qu’il faut partager. Le cercle se déroule selon ce que les personnes présentes ont envie de partager. 

Les échanges dans un premier temps se sont focalisés sur nos premières prises de consciences féministes. Beaucoup de participantes dans le cercle se connaissaient mais surtout à travers le travail militant, en tant que membre ou présidente de telle organisation... Pour tisser plus de liens, et instaurer une certaine confiance, naturellement le besoin de se (re)découvrir, de connaître l’histoire derrière la militante, s’est fait ressentir. Ce cercle de mon point de vue a créé l’espace pour renforcer la sororité entre nous car en devenant plus proches, en ayant des conversations plus intimes, nous consolidons la solidarité. C’est ce que démontrent d’ailleurs les témoignages des participantes à la fin des échanges. C’est l’exemple de Axelle, une participante qui a partagé comment elle s’est sentie pendant le cercle :

« Le cercle Eyala m’a apporté le sentiment d’appartenance à une communauté. Une communauté de personnes déterminées pour que les choses qui asservissent les femmes puissent cesser. C’est incroyable. » 
— Axelle

Des histoires passionnantes ont été racontées lors des conversations. L’une d’entre nous a raconté que quand elle était élève, dans son école, les filles ne pouvaient pas être responsables de classe et les garçons ne balayaient pas. Elle a trouvé que cela était injuste et s’est donné comme objectif de devenir responsable de classe et instaurer le balayage des classes pour tous les élèves, filles et garçons. Ce qu’elle a réussi à faire avec beaucoup de combativité. Cela a été le début de son voyage féministe. 

Pour une autre, c’est le fait d’avoir été victime de harcèlement sexuel de la part d’un professeur à l’université qui a déclenché des prises de consciences féministes et la volonté de prôner et incarner un nouvel ordre social où les jeunes femmes évoluent sans subir des violences sexistes. 

Nous avons écouté une participante qui a raconté son histoire de femme africaine vivante avec un handicap et qui se bat pour changer les récits réducteurs à propos des personnes vivantes avec un handicap. Ce fut l’un de mes moments préférés du cercle. Elle a partagé comment le soutien de sa mère a été un pilier dans sa vie. Son histoire nous a enseigné le pouvoir de l’amour et de la communauté. Nous sommes connectées et interdépendantes. Ces liens représentent des zones de pouvoir où nous pouvons opérer pour ne laisser aucune femme de côté. Mais nous oublions souvent cela dans un monde où l’individualisme induit par nos systèmes nous fait penser que nous sommes puissantes toutes seules. Son partage m’a fait réaliser encore plus que personne n’est sans voix. Il y a des voix invisibilisées, silenciées, des voix que nous n’entendons pas…mais pas des personnes sans voix. 

Les échanges dans un second temps ont porté sur comment nous incarnons personnellement le féminisme, si nous y parvenons et comment nous nous sentons quand nous n’y parvenons pas. J’ai noté que ce sont des questions que nous n’abordons pas souvent. Parce que le féminisme à travers la réalisation de projets semble être la façon dont nous vivons plus le féminisme. C’est surtout à travers ces réalisations que le public tente de nous évaluer également.

Lors du cercle, beaucoup ont exploré cette question surtout à travers le « to do - faire ce que je fais » et un peu à travers le  « to be - être ce que je suis, ce que j’incarne ». Néanmoins, nous avons écouté beaucoup d’histoires résonnantes. Des histoires qui font honneur à nos humanités. Certaines de ces histoires ont montré qu’il y a un parcours entre « dire je suis féministe », avoir la volonté de l’être et « vivre réellement le féminisme ». Personnellement et collectivement. 

Nous avons par exemple écouté des survivantes de violences sexuelles parmi nous qui ont partagé leurs vécus et comment elles tentent aujourd’hui de guérir et incarner un féminisme. Les expériences racontées nous ont transporté dans toutes les émotions : des sourires, des rires, des pleurs, des silences pesants... Nous nous sommes écoutées. Beaucoup d’entre nous se sont senties vues et accueillies.

« Je me suis sentie libre. Libre d’être moi, sans artifices. Parce que j’étais en face de personnes bienveillantes qui assumaient leurs blessures. J’ai aimé le fait que ce soit dans un jardin et tout ce qu’il y avait à déguster. J’ai aimé l’ambiance apaisante.»
— Nadège

Vers la fin des échanges, nous avons écouté les expériences de certaines féministes plus âgées, comment elles ont vécu leur féminisme et l’héritage qui reste pour les plus jeunes. Une leçon que je garde de cette partie des échanges est qu’en tant que jeunes féministes, notre quête ne devrait pas être de pointer incessamment les aînées sans chercher à mieux faire. Il s’agirait de s’appuyer sur les ressources dont disposent les aînées, apprendre de leurs expériences et chercher à bâtir avec elles. Nous avons collectivement reconnu que les conversations sont importantes et nécessaires pour cette construction de mouvement. La conversation est l’une des armes dont nous disposons. C’est à travers la conversation que nous pouvons surmonter les jugements, se connaître plus et échanger nos pensées.

Je garde l’espoir que nous aurons d’autres cercles Eyala à Cotonou. Parce que ce premier cercle a été un moment inoubliable pour moi et les participantes.

« Que vous vous en sentez capables ou non n’est pas la question. Moi j’ai confiance en vous… » - Edwige Dro (Côte d'Ivoire)

   Accra / Prampram – Ghana

Au cours des cinq derniers mois, nous n’avons fait que des réunions en ligne et discuté seulement via WhatsApp pour planifier le contenu d'Eyala en vue de son relancement, tout en s’imprégnant de sa vision: Être une plateforme par, pour et sur les féministes africaines. Nous avons parcouru les tonnes de belles choses que Françoise a rassemblées au fil des ans… Affaire à suivre !

Tout au long de ces cinq mois, nous nous sommes demandées si nous avions ce qu'il fallait pour être les tantines qui assurent pour Eyala, alors que Françoise ne se souciait même pas du bien-être de son bébé.

« Que vous vous en sentez capables ou non n’est pas la question. Moi j’ai confiance en vous sinon je ne serai jamais venue vers vous » , a-t-elle dit.

Et nous avons dû la croire, que nous pouvions nous débrouiller sans mettre en danger le bébé.

Mais bien que nous ayons fait beaucoup de choses par le biais de Zoom, eh bien, Zoom ne peut pas remplacer les interactions humaines et ne permet pas non plus le silence, ou ces conversations qui prennent la tangente, n'ayant apparemment rien à voir avec le sujet du jour mais contenant en elles la graine de quelque chose de fantastique. Et c'est pour cela que la retraite devait avoir lieu, parce que nous devions nous rencontrer pour nous plonger dans le relancement d'Eyala, rencontrer notre merveilleuse communauté à Accra, et pour vraiment se voir en vrai !

Et nous nous sommes rencontrés.

Nous vous épargnerons la recherche d'un percolateur à café qui nous a fait aller d'un café à un centre commercial à un supermarché. Des appels téléphoniques ont même été passés, chères lectrices (et lecteurs), et une demi-journée de réunion s'est envolée, mais nous avons trouvé le percolateur à café, un piston à café nommé à juste titre Kofi la cafetière. Une fois que nous l'avons trouvé, nous avons continué notre voyage jusqu'à Prampram où pendant trois jours, de 9h à 18h, avec deux heures allouées au déjeuner, nous avons planifié le relancement de la plateforme Eyala avec le matériel que nous avions déjà, les choses qu’il fallait absolument qu’on écrive parce que nous avions cette opportunité de permettre aux conversations de dévier, les valeurs que nous défendions, notamment l'amour et la gentillesse dans nos interactions avec des féministes africaines et dans des conversations féministes africaines. Mais surtout, nous avons pu nous rencontrer, apprendre à nous connaître et nous amuser ! Nos échanges ont transcendé Zoom !

Jama n'est pas seulement la boss des stratégies de contenu et de planification, mais elle est aussi la fille qui a toutes les citations de feu. Quant à Nana, nous l'appelons unanimement la coordinatrice exécutive en chef. Rien n'arrête cette femme, pas même le fait de se retrouver dans un environnement qu'elle ne connait pas, et d'y organiser des sessions de travail, que ce soit dans une salle de conférence ou décider de transporter le bureau au bord de l'océan. Les conversations de Françoise lors des déjeuners et des dîners qui redonnent une confiance extraordinaire en soi, l'ouverture et la transparence dont elle faisait preuve au quotidien. Et puis il y a eu ces cartes postales que nous nous sommes échangées à la fin de la retraite. Des cartes avec des mots si édifiants et encourageants qu'ils n'exigent aucune autre réponse que de se dire : « Prends ton pouvoir ! »

Puis nous sommes retournées à Accra, où notre communauté Afrifem nous a chaleureusement accueillies, a partagé avec nous ses attentes et nous a demandé comment elle pouvait nous aider. 

Comme c'est merveilleux d'être soutenues, encouragées et mises au défi par des femmes, même lorsque vous les faites traverser Accra en voiture à la recherche d'un percolateur à café, comme je l'ai fait ! Ai-je mentionné les rires ? Oh, les rires ! Les rires pendant nos repas, alors que nous protestions contre le feu de camp que le centre de villégiature essayait de nous imposer et demandions à la place qu'ils ramènent le Kelewele. Rire lorsque nous avons été régalées par les citations très pertinentes de Jama Jack. Et des rires lorsque nous avons réfléchi à la question du "what about-ism" qui semble surgir chaque fois que les féministes réfléchissent ou font quoi que ce soit pour démanteler le patriarcat omniprésent qui englobe tout le monde.

Ai-je besoin d’ajouter que nous étions impatientes de rentrer chez nous et de se mettre au travail tout en ébauchant des plans pour ces retraites Eyala deviennent une tradition.



« Je lève le pied de l’accélérateur...» - Edwige-Renée Dro (Côte d'Ivoire)

Je choisis de me laisser porter et de profiter de tous les paysages, d'écouter tous les sons, d'être simplement en accord avec les enchaînements naturels des petites choses qui composent la vie.

Une amie a récemment fait mon portrait. Dans celui-ci elle a évoqué toutes mes activités de cette manière :

Elle est coordinatrice de programme pour AYADA Lab. Elle bénéficie d’une bourse de la fondation Miles Morland et travaille sur son premier roman, elle est traductrice, et maître de conférences pour la Commonwealth Foundation. Tout cela, en parallèle avec la gestion d'une bibliothèque, des résidences, des rôles de juge littéraire, l'animation d'ateliers d'écriture et de traduction littéraire, la publication et l'écriture de nouvelles, son genre préféré, et la traduction. 

Puis elle a ajouté : Je suis admirative de tout ce que fait Edwige. 

Lorsque c’est présenté de cette manière-là, même moi, je suis impressionnée par tout ce que je fais. Une autre amie m’a demandé une fois, « Comment fais-tu pour tout gérer ? » et je lui ai répondu, « Tant que j’ai mes 8 heures de sommeil, ça va. »

C’est totalement vrai que j’ai besoin de 8 heures de sommeil – pas 9, pas 10, sinon je me réveille groggy et fatiguée, et je ne peux rien faire. Huit heures donc. Ni plus, ni moins. Lorsque j’ai pensé pouvoir en faire plus si je dormais moins, certainement après avoir lu un livre absurde qui préconise de dormir cinq par nuit pour en faire davantage, ou écouté des phrases-choc capitalistes du style « je dormirai, quand je serai mort.e » ; je n’ai jamais rien fait de plus. Au contraire, j’ai fini dans un état léthargique, fatiguée. Pas du tout productive et donc incapable de faire quoique ce soit. Je me suis également rendue compte que je ne faisais pas tout ce que je faisais pour à tout prix accomplir quelque chose, pour être au-dessus de tout le monde. Je suis simplement une personne passionnée, et toutes mes activités résultent d’enchaînements naturels de tout ce qui me passionne.

Lorsque l’on m’interviewe ou que l’on me demande de me présenter, vous lirez toujours ces mots : 

Edwige Renée Dro est une écrivaine, traductrice littéraire et activiste littéraire. 

Ce n’est pas parce que j’ai décidé que je deviendrai écrivaine, puis que je ferai telle ou telle chose avant de me lancer dans la traduction. Non, ces étapes se sont produites naturellement. J’aime converser. J’aime la politique et son incidence sur nos vies et je fais partie des personnes qui estiment que tout est politique. Par conséquent en choisissant la traduction littéraire, et les autres éléments qui nourrissaient mes opinions politiques, ce qui m’intéressait c’était de faire entendre de nouvelles voix dans la conversation du moment. Il se trouve qu’à cette période, la conversation était centrée sur l’Afrique, présentée comme le continent de l’avenir, celui plein d’espoir, l’endroit à suivre. Ces déclarations provenaient essentiellement de l’Occident, et étant donné que je vis en Afrique, je suis parfaitement consciente de la manière dont le continent peut être emprisonné dans ses barrières linguistiques. Ce qui m’intéressait c’était donc de créer un lien, et pour moi les histoires créent des liens.

Lorsque j’ai créé la librairie 1949 à Yopougon (Abidjan), je souhaitais m’attaquer aux inégalités sociales que je vois à Abidjan. J’ai adopté une approche féministe pour le faire, parce que j’étais fatiguée de voir les histoires des femmes africaines et noires enfouies ou adoucies. Me retrouver chargée de la rédaction du contenu français d’Eyala est un autre de ces enchainements naturels. 

Lors du processus de réflexion pour 1949, Eyala faisait partie des plateformes que je consultais régulièrement. J’appréciais l’accessibilité du registre de langue, les pensées et les interviews qui appelaient à la réflexion, ouvraient des conversations dans un esprit de rassemblement. Le désir de faire créer un collectif tout en laissant ressortir l’individualité. J’ai beaucoup aimé le fait que le blogue soit bilingue français-anglais, personne n’était laissé pour compte. 

Donc lorsque Françoise m’a demandé si ça m’intéressait de faire partie de l’aventure j’ai bien évidemment répondu « Oui ». J’ai également accepté parce qu’il s’agit d’un défi qui me fait sortir de ma zone de confort, rien que par le fait d’écrire en français et non en anglais. Mais de nouveau, rédiger en français à cette période de ma vie apparait comme une autre évolution naturelle des choses. J’ai remarqué que les conversations autour du féminisme en Afrique, mais aussi dans le monde, sont majoritairement en anglais. 

Même les mentions du féminisme semblent dominées par ce qui arrive dans la sphère anglophone de l’Afrique. C’est malheureux de ne connaître qu’un nombre limité de féministes africaines uniquement parce que celles-ci ont eu la chance (existe-t-il un autre mot ?) de naître en Afrique anglophone. Je me souviens d’avoir fait semblant de ne pas connaître un grand nom du milieu, en raison de cette hégémonie, et on me répondait « Tu ne connais pas… ? » 

De la même façon que toi tu ne sais pas qui est Constance Yai ou Awa Thiam. Où est le problème ?

Donc tout en me laissant porter par ces séquences naturelles, je veux accepter de sortir de ma zone de confort : en écrivant en français, oui, mais aussi en exposant davantage mes nombreuses activités. 

Avant, je disais oui à ceci ou à cela et j’allais à la salle de sport, car il n’y a rien que j’aime plus que de soulever des poids et de transpirer. 

Mais là, je fais du yoga, je me promène dans la nature, je refuse un autre voyage d’affaires et je m’efforce d’être plus attentive.